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Quotidien d'information indépendant - n° 6632 - Samedi 14 Décembre 2019

Quelles fructueuses rencontres avec autrui !

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Telle est la vocation de l’écriture, moyen magique chargé de véhiculer des messages et de mettre en relation l’auteur avec les autres.

Un auteur de nouvelle, roman, pièce théâtral, poème peut laisser indifférent ou intéresser un public réel ou virtuel, sans savoir exactement à quel type de lectorat il s’adresse. En écrivant dans un genre, on ne sait pas à l’avance ce qu’on peut susciter auprès du public: une envie de lire pour s’enrichir ou passer le temps, lire les premières lignes pour voir comment c’est écrit parce le style est déterminant pour le succès d’une œuvre et pour avoir une idée du contenu.
En réalité, les auteurs d’œuvres ou de textes journalistiques qui peuvent être considérées comme des œuvres et les lecteurs réels ou virtuels sont des gens qui ne se connaissent pas et qui, parfois finissent par se découvrir quand les uns ont fait des papiers intéressants et que les autres les trouvent passionnants ou vraiment enrichissants. Il y a entre les hommes et femmes de plume et leurs lecteurs fidèles un phénomène naturel comparable à l’amitié ou à la sympathie qui lie deux êtres qui s’estiment sincèrement pour une raison ou une autre, l’attirance mutuelle est quelque chose d’indépendant de la volonté des partenaires.
On aime tel écrivain ou tel journaliste sans le connaitre personnellement, parce qu’il écrit dans un style qui plait et dans une thématique qui répond à nos aspirations. Et les hommes ou femmes de plume écrivent sans le vouloir, parce qu’ils ont le don d’écrire ou parce qu’ils sentent comme un devoir d’écrire ce qui plairait à une catégorie de lecteurs.On trouve quand même louables les efforts déployés par quelqu’un qui fait une production écrite qui satisfait pleinement des lecteurs. Et ceux-ci sont comblés, ils en demandent encore. L’écriture est comme le cinéma, on adore tel genre de film parce qu’il amuse ou parce qu’il répond à ses désirs. On s’étonne de voir quelqu’un avoir une préférence pour les films de violence, où des gens qui tuent d’autres pour une raison, c’est un goût qu’on ne peut comprendre.

L’écriture est une rencontre avec les autres
Cela est évident car nul n’écrit pour soi. On n’écrit que ce qui peut plaire aux autres et à eux d’apprécier ou de rejeter pour des motifs que l’on peut facilement deviner, soit que l’auteur ne cible que sa personne, soit qu’il écrit mal ou qu’il fait trop bien au point de rendre son style inabordable et que personne n’arrive à comprendre. Un écrivain qui veut se faire aimer des siens doit être leur porte-parole. Son écriture devient un lieu de rencontre, lui et ses contemporains, rencontre avec les vieilles générations, on peut faire dialoguer un romancier ou un poète avec un auteur de l’antiquité, à condition d’écrire sur la base d’une bonne connaissance de la biographie de chacun des personnages. Tout est possible par la magie de l’écriture. On a la possibilité de faire de faire dire à un personnage ce que l’autre ne veut pas entendre pour enclencher des réactions.
Et imaginons une pièce théâtrale qui est la rencontre de nombreux personnages où chacun a son rôle et qui s’inspire de la vie réelle. Quand il ne fait pas de fiction, le romancier réaliste s’appuie sur le vécu pour bâtir un univers fait de personnages inspirés de la vie réelle ou fictifs choisis pour des rôles devant être joués harmonieusement pour donner l’illusion d’un univers romanesque, lieu de rendez-vous des acteurs parfois singuliers évoluant comme dans la vie et qui nous font vivre des moments intéressants, voire extravagants pour mieux intéresser les lecteurs en les incitant à plus de concentration qui aide à mieux comprendre, ce qui pousse chaque acteur à des réactions exagérées par opposition à d’autres qui adoptent des comportements flegmatiques répondant à leurs intérêts.
Donc l’écriture d’un roman fait rencontrer un ensemble d’acteurs à caractères différents et une diversité de lecteurs appelés à réagir différemment en raison de leur tempérament et à tirer des conclusions. Le maître de l’écriture peut soit redoubler d’effort pour améliorer son style et mettre en chantier une autre œuvre, parce que les lecteurs sont unanimes à dire que son roman est intéressant et bon à lire, soit que le livre ne vaut pas la peine d’être acheté, l’auteur se remet alors en question en essayant de trouver les causes de son échec et les moyens d’y remédier.

Les écrivains composent des œuvres et les lecteurs qui sont leurs destinataires jugent de la qualité de l’écriture
Les hommes et les femmes de plume qui ont la capacité de mettre en forme des œuvres dans une multitude de genres. Par exemple ceux qui composent des contes pour enfants travaillent dur pour réécrire un conte, donner une forme écrite à un conte existant dans la tradition orale ou inventer un conte comme « Le Petit Prince » d’Antoine De saint Exupéry qui a passionné les petits enfants en leur donnant l’envie de lire. Et il n’y a pas de meilleurs exemples de rencontres par l’écriture que celles des animaux dans les fables. La Fontaine a emprunté à Esope des fables écrites probablement en grec ancien. Il les a transformées pour les réécrire en langue poétique. La Fontaine a fait ensuite un travail d’écriture admirable en versifiant chaque fable pour leur donner une forme esthétique qui suscite l’envie de les apprendre par cœur. Beaucoup ont appris la plupart des meilleures fables.
«Le Lion devenu vieux» en est une, le lion devenu incapable de se lever, jadis roi des animaux et terreur de la forêt est devenu impotent et malade. Ce fut une bonne nouvelle pour tous les animaux de la forêt qui accoururent vers lui, et le trouvant allongé, chacun songea à bien se venger en lui administrant une bonne correction.
Le sanglier lui donna un bon coup de groin, le loup lui enfonça les crocs dans le ventre, l’âne lui lança une bonne ruade. Le lion était affaibli par tant de coup, mais il trouva la force de dire : « j’ai accepté tous les coups des animaux, sauf la ruade de l’âne. Et par la magie de l’écriture, le fabuliste a composé des rencontres fantastiques d’animaux qui ne sont pas faits pour aller ensemble comme le loup et l’agneau, le renard et le bouc, le chat, la belette et le petit lapin. Tous les grands écrivains comme El Jahidh, Ibn El MOUQAFÄA ont adoré mettre en scène des animaux dont la plupart sont les prédateurs des autres.

La littérature algérienne d’avant la guerre, friande de toutes sortes rencontres
Mohamed Dib, l’un des pionniers a eu dans ses premiers romans, formant une trilogie, a traité à peu près des mêmes, autour de la vie des Algériens à une époque déterminée, l’ère coloniale. Pour qui a vécu la période, ça peut ne pas paraitre intéressant, mais avec le recul, pour les générations qui ont suivi, c’est des pans entiers de l’histoire algérienne dans toute leur authenticité que ces romans écrits dans un style châtié donnent à voir des hommes et des femmes algériens et français se côtoyant sans se lier d’amitié.
Ceux qui ont connu la colonisation savent très bien comment vivaient les deux communautés, avant la guerre, qui se rencontraient dans les limites du possible, chacune gardant ses distances par rapport à l’autre, enfin deux communautés non faites pour cohabiter. Dib donne comme décor pour les colonisés, Dar Sbitar, où les habitants vivent péniblement d’un très maigre revenu; pour un grand nombre de familles ayant une cour intérieure. Il est difficile d’y survivre.
Certaines personnes se rencontrent en se regardant de travers tant l’exigüité est insupportable. L’auteur a fait une peinture de la société d’avant la guerre de libération en s’attachant au moindre détail significatif. Quant à Mouloud Mammeri, un des aînés de nos hommes de lettres comme Mohamed Dib, a décrit dans ses premiers romans des lieux de rencontres en les faisant entrer dans la symbolique de la société traditionnelle. Des lieux chargés d’histoire qui ont vu passer des générations de poètes, d’artisans, de fellahs, et d’autres catégories d’hommes gardiens des lieux sacrés.

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