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Quotidien d'information indépendant - n° 5753 - Samedi 21 Janvier 2017

Un livre ouvert de 3 000 ans d’histoire à découvrir

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«Bienvenue à Respublica Castellum Tidditanorum l’une des plus vieilles villes puniques, devenue garnison fortifiée de la république antique romaine» c’est ainsi que le guide de la ville antique de Tiddis accueille les visiteurs de ce site archéologique, au nord-ouest de Constantine, et déroule ainsi plus de 3000 ans de l’histoire d’Algérie à ses périodes libyque, punique, romaine et byzantine.

Village berbère à l’origine nommée Taddert ou Ras Eddar, Tiddis, reste une des villes romaines les plus particulières de par sa position géographique mais aussi par l’adaptation au terrain dont ont fait preuve ses bâtisseurs, faisant de cette ville militaire, qui monte la garde face à l’antique Cirta, un site certes romain mais qui n’obéit à aucun des standards de l’architecture de la Respublica. Cette ville romaine a été exhumée au début des années 1940 par un archiviste et archéologue amateur français nommé André Berthier qui a opéré des fouilles sur ce site jusqu’en 1973 date à laquelle les fouilles ont été interrompues par le départ de l’explorateur, et n’ont plus jamais repris.
Ras eddar comme aiment à l’appeler les habitants de cette localité agricole des Béni Hmidane se voit dès l’entrée du site où une bazina, tombe commune circulaire propre de la période numide de la protohistoire, est clairement visible en plus de quelques dolmens antérieurs ; Noureddine, le maître des lieux aime à rappeler aux visiteurs que des ossements et des fragments de poteries ont été retrouvés dans la bazina et dont les motifs sont perpétués encore aujourd’hui. Grimper la colline sur laquelle Tiddis est bâtie en escalier revient littéralement à remonter le cours de l’histoire puisque à peine à une dizaine de mètres de la bazina se dresse l’arc marquant l’entrée de la fortification, romaine qui porte encore les charnières des grandes portes de la cité, et d’où débute le réseau de rues en serpentin au dallage étonnement bien conservé.

Sur les allées dallées se dressent encore des temples, des dessins et des inscriptions dédiés à différentes divinités de l’époque punique, romaine anté-chrétienne puis chrétienne ainsi que des autels de sacrifice. Au dessus se dresse le plus petit forum de toutes les villes jamais construites par l’empire romain et ce pour des impératifs d’adaptation à la nature du terrain, s’y trouvent les statuts et dédicaces à Septime Sévère (empereur romain d’origine nord-africaine) et sa famille ainsi que deux arcs perpendiculaires symbolisant le croisement typique entre les deux voies principales divisant les villes romaines.
Comme toutes les villes romaines, Tiddis comporte aussi des vestiges des thermes, d’une villa à mosaïque, ainsi qu’une huilerie et un moulin à céréales qui sont autant de témoins de l’activité économique de la cité à laquelle une tour de surveillance et un rempart byzantins viendront s’ajouter plus tard. Même si la vocation première de la ville reste militaire, Tiddis était tout aussi connue pour ses poteries qui se vendaient et s’échangeaient d’une ville à une autre et s’exportait même parfois contenant de l’huile d’olive ou de la semoule de blé, de grand bacs de préparation de l’argile creusés à même le sol et des fours de cuissons témoignent de la prospérité de l’activité Sur les 40 hectares supposés de cette superposition de villes numide et romaine seulement sept ont été fouillés et les gardiens du site déclarent souvent de nouvelles découvertes souvent mises au jour par les coulées de boue et les pluies.

Naturellement renforcée, Tiddis, le vieux Constantine était une ville garnison à même de protéger les villes de Cirta et de Russicada, visibles depuis la tour de surveillance, en cas d’invasion devrait connaître un programme de réhabilitation par le ministère de la culture dans le cadre des préparatifs de l’événement Constantine capitale de la culture arabe 2015. Malheureusement les travaux inscrits pour ce site ne prévoient qu’une nouvelle aire de stationnement pour les visiteurs ainsi qu’une clôture qui devrait élargir le périmètre du site alors que Tiddis aurait plus besoin d’une fouille archéologique sérieuse et complète ainsi que d’un grand programme de communication et de mise en valeur en prévision de l’événement puisque même dans l’imaginaire collectif des constantinois Tiddis est aujourd’hui méconnue, même si elle ne se trouve qu’à 30 km du centre ville. Tiddis, témoin du génie de ses bâtisseurs.
erchée sur une petite montagne au confluant du ruhmel, faisant face au vieux rocher coiffé de l’antique Cirta qui lui faisait des signaux de fumée ou de miroir pour demander du renfort militaire, Tiddis représente, au-delà de sa fonction militaire de ville garnison et de sa valeur historique et anthropologique, un témoin du génie des bâtisseurs de l’époque en matière d’adaptation au terrain, ce qui fait de ce castellum un vestige romain unique dans l’empire.
Construite en escalier sur le flanc d’une montagne, Tiddis contrarie les standards de l’architecture et de l’urbanisme romain qui se base généralement sur des plans de villes en grille marqués par le croisement de deux voies principales, en choisissant un terrain relativement plat et facile à construire. Le mot d’ordre pour construire Tiddis était tailler la roche autant que construire, toutes les habitations de la cité s’enfoncent parfois de moitié dans la montagne et la façade extérieure est faite de pierre, ce qui en fait un habitat semi troglodyte inspiré des première habitations numides visible un peu plus loin.

En plus d’avoir récupéré l’habitat troglodyte protohistorique, les bâtisseurs de la ville ont engagé des travaux monumentaux pour s’adapter au relief en entaillant la colline, en aménageant des rampes et des terrasses et en construisant plusieurs grands murs de soutènement tout prenant soin d’intégrer des équipement public dans ce relief en pente. Cette ville comporte plusieurs sanctuaires et temples dédiés à plusieurs divinités creusés dans la roche ainsi que le plus petit forum jamais construit (place publique où les citoyens se réunissaient pour marchander ou traiter d’affaires politiques ou économiques) composé de trois pièces et qui ne comprend pas d’activité commerciale, par manque d’espace, contrairement aux autres villes romaines.
L’urbanisme des villes romaines se base sur le croisement de deux voies principales à savoir le Cardo orienté nord-sud et le Decumanus qui est un axe est-ouest est les forums sont construits au croisement des deux avenues, à Tiddis la cardo garde son orientation mais se déroule en serpentin sur le flanc de la montagne que le decumanus travers de bas en haut et parfois en escalier. Si important dans la conception urbanistique romaine, le croisement des deux voies romaines se fait symboliquement avec deux arcs croisés perpendiculairement pour marquer les deux avenues et le forum a été bâti littéralement un étage au dessus.
Malgré la vocation militaire de la ville, l’activité commerciale, agricole et artisanale n’est pas en reste dans la construction de cette cité, ou du moins de la partie qui en a été exhumée, puisque des ateliers de poteries, une huilerie et un moulin à blé y ont été intégrés du côté des balcons ou au pied de la montagne alors que l’activité commerciale se tenait en extra muros comme le stipule le règlement de la ville gravé sur la roche. Une ville romaine ne peut vraiment en être une sans thermes, et les bâtisseurs de Tiddis ont également relevé le défi de greffer des thermes dans la montagne, un pari qui en implique un autre celui de l’approvisionnement en eau …

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