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Quotidien d'information indépendant - n° 6562 - Samedi 21 Septembre 2019

Des atouts non exploités !

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Comment se fait-il qu’une commune comme Bordj-Ménaïel n’ait bénéficié en tout et pour tout depuis l’indépendance que de quelques logements sociaux et de quelques autres infrastructures insignifiantes devant les sacrifices de ces meilleurs enfants durant la Guerre de libération nationale, c’est une ville qui a enfanté les Krim Belkacem, le négociateur des accords d’Evian, et du colonel Amar Ouamrane, son compagnon d’arme de toujours aux côtés des chahids Mokhfi, Talamali, et Bengriche, trois chahids enterrés dans une même tombe au cimetière de Lalla Aïcha.

Actuellement, Bordj-Ménaiel sombre dans l’oubli et accuse un retard dans tous les domaines, d’ordre social, culturel, sportif ou encore dans celui de l’infrastructure de base tels que les routes, l’eau potable, la santé, les télécommunications et surtout sportive, comment expliquer le retard accusé dans la réalisation du complexe sportif situé du côté de Dra El Kahoua qui depuis 1994 n’a jamais vu le jour. On se moque de qui et de quoi ! Et dire que Bordj-Ménaiel a été érigée en commune en 1870, elle fait partie de la wilaya de Boumerdès dont elle est distante d’une vingtaine de kilometres : Bordj-Ménaiel mérite mieux , elle aspire à devenir une wilaya déléguée et les ménailis pensent que c’est la seule solution de sortie pour cette ville. La question est d'autant plus pertinente quand on sait que l’Algerie n'a jamais manqué ni d'intellectuels, ni de cadres, ni de compétences, ni de sages, ni de notables, mieux encore, elle a vu la naissance de grands hommes. Pour être une personnalité, il faut acquérir un ensemble d'éléments qui constitue le comportement et les reactions d'une personne. La personnalité d'une personne est sa manière d'être, de penser et de se comporter, un homme avec du caractère, plein de loyauté, d'honneur et de bravoure. De par le passé, et selon l'aveu des habitants des localités limitrophes, cette ville faisait parler d'elle avant même le déclenchement de la lutte pour l'indépendance. En effet, selon moult témoignages, toutes les villes Algériennes étaient le fief du militantisme et beaucoup de personnages natifs de chaque ville natal, des fins fonds de l’Algerie, que ce soit de Maghnia à Tébessa, d’Alger à Bordj Badji-Mokhtar ont laissé leurs empreintes et dont la génération actuelle en parle avec fierté. Il faudrait que l'individu dégage de bonnes idées par rapport à ses relations avec la société et ses actions envers ses administrés, il doit avoir du poids et de l'importance. Une personnalité est un individu hors du commun qui possède «Wahdat El Hikma» (une spécificité) d'un homme de grande sagesse qui est très respecté puis respectueux envers la population, un personnage intègre avec des principes. Un ministre, un wali, un chef de daïra, un président d'APC, peut-il être considéré comme une personnalité ? Oh, que non ! c'est un commis de l'Etat , il peut l'être dans le cas où tout ce qu'il entreprend s'extériorise dans le bien et qu'il est bien accepté par la population. La personnalité qui veut dire dans le jargon dialectal arabe bien de chez nous «Achakhssia» n'est pas propre à quelqu'un d'intellectuel, elle peut se coller à quelqu'un d'analphabète mais dont le parcours de son vécu est plus qu'honorable, c'est quelqu'un de très honnête, de très serviable, une icône dans son entourage. Alors comment se permet-on de donner de fausses informations sur internet en nommant des personnes comme étant des personnalités ? Loin de nous à les citer, mais il faut quand même rendre à César ce qui appartient à César en respectant l'echelle de valeurs des gens et rendre hommage à ceux qui ont beaucoup donnés. La preuve, regardez le Hirak algérien, cette jeunesse montante qui demande la liberté et le départ du système qui a failli à sa mission, et à sa tête, le président Abdelaziz Bouteflika, qui sous la pression du peuple pacifique a pu renverser la vapeur en poussant ce dernier à démissionner de son poste : pas de cinquième mandat, ni de quatrième mandat prolongé, il demande le départ des «cinq B» : Bélaïz, Bedoui, Bensalah, Bouchareb, Benyounès. La colère d’un peuple qui crie à qui veut l’entendre son mécontentement à l’egard de ces personnes qui, il y’a quelques temps, se croyaient des personnalités, des gens intouchables. Autant la mobilisation populaire du 22 février écoulé n’a point décrue, donnant la nette impression de renaître chaque vendredi, autant l’esprit créatif et ingénieux des millions de manifestants force tout simplement l’admiration et le respect par son adaptation aux nouvelles donnes. Aujourd’hui les manifestations sont à leur septième vendredi : «nous vendredirons», «Etat profond, article 102, le peuple veut l’ article 2019», ou «système dégage», «vérifie bien tes bagages et n’oublie pas tes compagnons de voyage». Les jeunes ont cette fierté d’annoncer le nom de la ville d’où ils arrivent : «je viens de Chleff, c’est mon 7e déplacement depuis le 22 fevrier dernier», il résume l’état d’esprit qui règne actuellement au sein de la population : c’est un peuple fier qui s’est libéré. La mobilisation citoyenne à chaque vendredi est une véritable révolution menée par des Algeriens : pancarte à la main, chacun manifeste à sa façon par des slogans d’une grande intelligence : « non au trio–B ,(Bedoui, Bensalah, Bélaïz), «départ de tous le système», «non au cinquième mandat», «Echaab El Djeich, khaoua, khaoua», «le pouvoir au peuple». La rue réclame à présent le départ de tout le système, des symboles, surtout, des années de pillage et de mauvaise gestion ayant conduit l’Algerie à la crise. Et maintenant, comme l’avait titré Mme Leila Aslaoui , le Président est parti, lui et son clan, lui et sa bande, mais après vingt années de règne absolu durant lesquelles on le surnommait «fakhamatouhou». Mais une chose est sûre, le mouvement était pacifique, tout était beau : la jeunesse, la vieillesse, les enfants, les femmes, les dames et puiqu’on parle de dame, Djamila Bouhired a retrouvé sa place d’héroine d’hier et d’aujourd’hui, de Liamine Zéroual, ce président de la République qui se faisait soigner à l’hôpital de Aïn Naadja. mais n’est pas Liamine Zéroual qui veut : l’honneur ne s’acquiert pas, il est inné, on appelle cela le «nif», c’est une grande personnalité ! les gens honnêtes ne font plus partie de ce monde, ou ceux qui existent encore, on les a marginalisés, étouffés. Jamais un peuple n’a été uni comme les Algériens et comme le chantait El Hadj Rabah Deriassa : «appelle-moi comme tu veux : Targui, Chargui, Aurassi, Wahrani, Kebaïli, Dziri, Mzabi, Naïli, Khencheli, Béjaoui, Chenoui, nous sommes tous des Algériens, nous avons une seule patrie, rien d’autre ! ». Dans la localité de Bordj-Ménaïel, à l'image du professeur cardiologue et ancien moudjahid, ex-chef de service à l'hôpital Mustapha Bacha, ancien responsable du secteur sanitaire des maquis lors de la Guerre de libération nationale, écrivain et qui n'est autre que Toumi Mohamed, celui dont l'histoire se souviendra toujours comme d’un homme qui a beaucoup donné pour sa ville, son pays, et la médecine. C'est lui qui a confirmé l'acte de décès de feu Houari Boumedienne. Aussi, seconde personnalité dans le corps médical, Ameur Chérif-Soltane, médecin encologue à l'hôpital Mustapha-Pacha, spécialiste du cancer des poumons, un personnage très respecté, très aimé, toujours prêt à offrir ses services pour ceux qui souffrent et qui, malheureusement, nous a quitté dernièrement. Tahanouti Ali président de l'Union des clubs algériens, président de la Jeunesse sportive de Bordj-Menaïel, un grand Monsieur avec un grand «H», un personnage qui a beaucoup donné au football algérien, l'homme qui a fait sortir le football ménaïli du néant vers l'élite de la balle ronde avec une participation de la JSBM en coupe d'Afrique des clubs, une finale de coupe d'Algérie en 1987 et une première place au championnat à égalité avec l'US Chaouîa et la JS Kabylie. Autre personnalité, Tlemcani Rachid, politologue natif de Bordj-Menaïel, spécialiste dans des conflits mondiaux, conférencier hors-paire, reconnu aux Etats-Unis et dans la plupart des pays outre-mer. Bordj-Menaïel a toujours donné naissance à de valeureuses personnalités tels que Cheikh Hocine Mahfoud-Legribissi, imam à la mosquée de la dite localité, ancien élève de la zaouïa Sidi-Abderahmane El-Ouli d'Azazga et cousin avec si Ahmed Hocine dans la zaouïa de Sidi-Amar Chérif à Sidi-Daoud et ancien membre de «Djamiate El Oulama», un homme pieu qui a consacré toute sa vie à l'apprentissage de l'islam. Cheikh Hocine Mahfoud a inculqué son savoir à ses enfants, Abderahmane a étudié à El Azhar (Egypte) Chérif a été directeur d'un collège, aujourd'hui retraité, mais tout un chacun lui reconnaît sa sagesse d'avoir toujours sauvé des élèves de la déperdition scolaire. Voilà une personnalité qui a beaucoup donné à l'enseignement sans jamais rien demander à personne et dont les habitants de Bordj-Menaïel lui vouent un très grand respect. Voilà la fierté du devoir accompli de cet homme disponible, pleins de conseils avisés qui a permis à beaucoup de jeunes scolarisés de surmonter les difficultés et de traverser avec bonheur les vissicitudes de la vie. En outre, on n'oubliera jamais de citer les anciennes personnalités de Bordj-Menaïel qui nous ont quittées et qui demeurent irremplaçables, à l' image de Hadj Mazouzi, Hacène Abdenour, Amara Ahmed, Naïli Amar, Djouab Ali, Ahmed Djenane, Hamrioui Hocine, Ahmed Benmechta, et des centaines d'autres qui ont été la fierté de toute la région , des personnes très respectées, aimées par la société, des êtres de confiance, des « chakhssiate » qui incarnaient le bien par leur générosité et leur bonté, des hommes de principes, de sagesse et de gentillesse. La personnalité est- elle en voie de disparition ? les hommes de compétences existent, il faut savoir les trouver afin de construire une Algérie moderne et forte.

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