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Quotidien d'information indépendant - n° 6416 - Mardi 26 Mars 2019

Situation financière difficile mais non insurmontable, partenariat public-privé et indispensables réformes

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Le plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir, afin d'éviter les confusions, le langage de la vérité devant primer, l’objet de cette contribution fait suite à plusieurs consultations auprès d’experts nationaux et internationaux ayant travaillé sur le thème partenariat public dont l’ouverture du capital des entreprises publiques. C’est un dossier complexe, éminemment politique, devant faire l’objet d’un large débat national, car engageant l’avenir du pays pourquoi l’avoir abordé maintenant, comme cela a été le cas du pétrole/gaz de schiste- pas d’exploitation avant 10 ans sous réserve de techniques nouvelles, ou ces discours alarmistes de non versement de la retraite, l’Algérie étant selon ma connaissance en difficultés budgétaires, mais pas en faillite – ayant conduit à des inquiétudes et tensions, sans une véritable communication et stratégie.

Or, peu de gouvernements de par le monde à la veille d’élections tant législatives que présidentielles abordent les réformes structurelles, car provoquant contrairement aux discours populistes, des ajustements sociaux douloureux mais porteur d’espoir à terme, car les réformes se font souvent en début de mandat

A -Rappel de quelques expériences historiques en Occident
Les ouvertures de capital des entreprises publiques pour les tenants de la gauche radicale laissaient craindre qu’en ouvrant le capital (tous les responsables politiques et experts consultés utilisent la notion de privatisation partielle), l’État appauvrisse la nation. Mais ces débats depuis les années 2000, sont largement dépassés, les expériences historiques montant que ces ouvertures ont réduit certes le périmètre de l’influence de l’Etat dans l’économie, mais que l’Etat joue un rôle stratégique en tant que régulateur et dans certains segments qu’il juge stratégiques, par des minorités de blocage, influant par là, les orientations économiques.de certains segments. Cette évolution de l’État propriétaire à l’État actionnaire a imposé des modifications d’ordre institutionnel. Ces ouvertures de capital se sont développées au début des années quatre-vingts en Grande-Bretagne et aux États-Unis avec les programmes de réduction de la dépense publique mis en œuvre par le gouvernement de Margaret Thatcher et par le Président Reagan, dans le droit fil des préconisations des économistes libéraux de l’école de Chicago, et principalement de Milton Friedman.
En France, c’est sous la présidence de gouvernements socialistes de François Mitterrand du gouvernement Rocard accéléré par le gouvernement Jospin, que le voile idéologique a été levé et qu’une politique d’ouvertures minoritaires de capital des grandes entreprises publiques fut mise en œuvre entre 1988 et 1993, date à laquelle, sous l’effet d’une nouvelle alternance, les ouvertures de capital reprirent (les Conseils des ministres français les syndicats et patronats n’ayant pas eu peur des mots ont utilisé le mot privatisations). D’une manière générale, le programme de privatisations a été mis au point dans la majorité des pays occidentaux, qui constitue toujours le socle juridique fondamental des opérations de transfert du secteur public au secteur privé, et qui aménage des règles applicables aux ouvertures de capital différant selon la part du capital ouverte (majoritaire ou minoritaire) et la nature des entreprises (entreprises de premier rang ou filiales).
La Banque mondiale a simultanément conditionné ses octrois de crédits à la mise en place de plans d’ajustement structurel, dont la privatisation totale ou partielle des entreprises publiques constituait un élément déterminant. C’est sous l’influence de cette analyse économique que s’est progressivement généralisée la conclusion selon laquelle les entreprises publiques contribuaient excessivement à l’endettement ; les ouvertures de capital paraissant alors être le meilleur remède à cette situation. Pour les pays en transition vers l’économie de marché (ex camps communsite- Pologne- Roumanie, Tchécoslovaquie, Hongrie ect) l’on a assisté selon les expériences au couple démoplisation/privatisation partielle ou totale. La situation socio-économique pour des raisons historiques est totalement différente de des pays développés ou existent des facteurs de production flexibles qui peuvent faire face à la concurrence internationale. Nous ne sommes plus en 1970 mais en 2018 à l’ère de la mondialisation et le meilleur exemple d’adaptation à ces nouvelles mutations est la Chine qui s’oriente une économie de marché à vocation sociale maitrisée.

B- La situation économique de l’Algérie
Pour le cas Algérie on peut recenser neufs constatation. L’objectif est d’avoir une vision stratégique du couple démonopolisation/ privatisation. On ne doit pas confondre privatisation et démonopolisation complémentaire, tous deux, processus éminemment politique, allant vers le désengagement de l’Etat de la sphère économique afin qu’il se consacre à son rôle de régulateur stratégique. La privatisation est un transfert de propriété d’unités existantes vers le secteur privé et la démonopolisation consiste à favoriser l’investissement privé nouveau. L’objectif de la démonopolisation et de la privatisation doivent renforcer la mutation systémique de la transition d’une économie administrée vers une économie de marché concurrentielle.

- Premièrement, je dois signaler que nous avons le manque d’unification des organisations patronales privées pour des raisons de leadership, où sans être exhaustif nous avons la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) la Confédération générale du patronat (CGP-BTPH), la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA, la Confédération algérienne du patronat (CAP), le Conseil supérieur du patronat algérien (CSPA), l'Association des femmes chefs d'entreprises (-SEVE), le Club des entrepreneurs et des industriels de la Mitidja (CEIMI). Quant au Forum des chefs d’entreprises (FCE), il est considéré comme un Think tank (laboratoire d’idées) et non comme une organisation syndicale.

- Deuxièmement, Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach représentant avec les dérivées plus de 97% des ressources en devises et l’essentiel des réserves de change, influant sur le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB), le taux d’emploi et la cotation du dinar via les réserves de change.

- Troisièmement, le secteur privé exportateur est marginal moins de 500 millions de dollars pour 2016/2017. Les quelques cas analysées sont d’ailleurs confrontés à de nombreuses contraintes, ne peuvent permettre à eux seuls une dynamisation globale de la production hors hydrocarbures, nécessitant des milliers d’entrepreneurs dynamiques.

- Quatrièmement, si le secteur privé réalise 80% de la valeur ajoutée hors hydrocarbures du pays, qui ne représente d’ailleurs moins de 2/3 du total des exportations contre 97/98% pour Sonatrach, sa part dans l’investissement global est négligeable, certaines sources donnant 1,9/2% du total de l’investissement entre 2010/2017. D’une manière générale que représente le secteur privé algérien face au chiffre d’affaires de Sonatrach qui contribue directement et indirectement via la dépense publique/via les hydrocarbures à plus de 80% du produit intérieur brut ?

- Cinquièmement, le tissu économique en 2016, mais de changement notable en 2017, selon l’ONS est constituée à 83% de petits commerce –services avec la dominance en termes juridique des sociétés de personnes et des SARL, très peu de sociétés par actions. Ce sont d’abord la majorité des PMI-PME privées algériennes gérées souvent avec la famille restreinte qui doivent ouvrir leur capital si elle veulent être compétitives avant de vouloir entrer dans le capital des entreprises publiques.

- Sixièmement, le secteur informel représente plus de 50% du produit intérieur brut hors hydrocarbures à ne pas confondre avec la masse monétaire en circulation. Concernant justement la masse monétaire informelle existent des données contradictoires entre les données de l’ex: Premier ministre (Tripartie de Annaba 2016) de l’actuel Premier ministre (17 milliards de dollars) et en ce mois de janvier 2018 du ministre des Finances qui a affirmé ne pas connaitre le montant exact contredisant son Premier ministre, alors qu’existent trois méthodes d’évaluation (voir étude du professeur Abderrahmane Mebtoul Institut Français des Relations Internationales –IFRI- paris décembre 20165 : le poids de la sphère informelle au Maghreb)

- Septièmement, en 2016 le secteur industriel représente 6,3% du produit intérieur brut (PIB) et sur ces 6,3% 95/97% sont des petites PMI-PME peu initiées au management stratégique et à l’innovation technologique, la concentration du privé étant dans le BTPH qui dépend fondamentalement de la dépense publique. Par ailleurs, les secteurs public et privé travaillent à plus de 75% avec des équipements et des matières premières importées donc dépendant de la ressource hydrocarbures. Un exemple patent pour le montage des voitures uniquement pour 2017, la vitesse de croisière n’ayant nt pas été atteinte l’on s’oriente vers près de 2 milliard de dollars d’importation, le montant pouvant doubler voire tripler : qu’en sera- t –il du taux d’intégration et des perspectives d’exportation? Dans ce cadre est posé le problème suivant : en interdisant environ 1000 produits à l’importation, certes montant dérisoire d’environ 1,5 milliard de dollars, la production locale comblera- t –elle la différence et ne risque t -on pas une flambée des prix et l’extension de la sphère informelle ?

- Huitièmement, le secteur privé productif, notamment les PMI-PME majoritaires, connait un niveau d’endettement assez élevé auprès des banques, n’ayant pas les fonds pour entrer dans le capital des entreprises publiques, encore moins le management, à moins de s’endetter auprès des banques publiques via la rente.

- Neuvièmement, ce n’est pas uniquement une question de financement puisque le secteur public a été assaini à plus de 70 milliards de dollars entre 1971/2017 et plus de 75% sont revenues à la case de départ. Ce secteur a besoin d’un savoir faire managérial et technologique ce que la majorité du secteur privé n’a pas encore.

- Dixièmement, la situation financière est certes difficile mais non insurmontable, les réserves de change étant établi à environ 95/96 milliards de dollars fin 2017 contre plus de 194 milliards de dollars en janvier 2014, avec une dette extérieure à environ 6 milliards de dollars qui a fait que le cours du dinar est passé de 115 dinars un euro à plus de 135 dinars un euro au cours officiel et fluctuant entre 198/2010 dinars sur le marché parallèle.
Du fait de cette situation, le taux de croissance pour 2018 selon le FMI serait inférieur à 1% et le taux de chômage 13,3%. Avec le relèvement des taxes 30 à 60% appliqué à un dinar dévalué (au final environ 70/100% d’augmentation sur le prix final) et les risques en cas de non maitrise du financement non conventionnel (injection nouvelle d’environ 17 milliards de dollars de dollars) d’un processus inflationniste ne devant plus se limiter pour le calcul de l’indice, qu’aux bien alimentaires, la notion de besoin des ménages ayant évoluée.

C- Les contraintes à l’ouverture du capital des entreprises publiques
Quelles sont les contraintes rencontrées sur le terrain pour dynamiser l’ouverture du capital des entreprises publiques Je recense dix contraintes..

- Premièrement, les expériences réussies sont conditionnés par l’adhésion populaire et de toutes les forces politiques économiques et sociales, étant un acte éminemment politique et non technique d’où l’importance du dialogue productif et de la transparence.

- Deuxièmement, Les pays dont les expériences ont été réussies ont engagé un large débat national sur le futur rôle de l’Etat dans le développement économique et social face à la mondialisation.

- Troisièmement, les pays dont les expériences ont été réussies suite à ce débat ont clairement délimité ce qui est stratégique et de qui ne l’est pas en fonction des mutations internes et internationales.

- Quatrièmement, Les expériences réussies ont concrètement délimité les relations fonctionnelles notamment entre les Ministères sectoriels dont celui de l’industrie, les structures du Ministère des Finances (direction des domaines, de la fiscalité, des douanes- et des banques primaires), pour éviter les susceptibilités entre différents ministres- en termes de pouvoir économique- et les relations avec les autorités locales qui en Algérie n’ont pas été associées à ce processus alors qu’ils entretiennent des relations directes avec l’environnement. Sans leur adhésion ce processus peut être avorté.
Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane Mebtoul

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