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Quotidien d'information indépendant - n° 6164 - Jeudi 24 Mai 2018

Une ville qui a perdu de son lustre d’antan

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La population de la ville des Coquelicots est contrainte de vivre dans un cadre de vie déplorable. Ville considérée jadis comme la cité du bien-vivre, Bordj-Ménaiel ne cesse de voir son image de marque amochée, il fut un temps ou Bordj-Ménaiel qui faisait la fierté de ses habitants de par sa quiétude, sa convivialialité, sa propreté, ses aires de distractions et de loisirs, de par son préstigieux club de football la JS Bordj-Ménaiel, de par son théâtre et ses acteurs et comédiens du secteur cinématographique, de par la sécurité acrchitecturale, de ses immeubles et la disponiblité des structures publiques, sportives, culturelles, éducatives et économiques.

Toute cette richesse ne subsiste que dans la mémoire encore fraîche des vieux Bordjiens qui regrettent les années fastes de leur ville tant aimée avec des personnages qui ont marqué leur passage tels les Papa Naili avec son Café le petit Montagnard, un café qui a vu défiler de grosses pointures politiques et sportives qui sont venues siroter un bon café, à l’image Sid Ahmed Ghozali, ancien chef de gouvernement, de Nahnah, président du parti Hamas, du colonel el Khatib, du regretté comédien français Roger Hanin, né en Algérie et qui a demandé a être enterré au cimetière juif de Bologhine, sans oublier les Lakhdar Belloumi, les Khalef Mahieddienne, Mohamed Haouchine (journaliste), Mohamed Chérif Hannachi, les présidents de clubs Yahi de l’US Chaouia, du president du CRB et de la FAF le défunt Harraigue, le president du club du MO Constantine et président de la FAF, Azeroual, l’ex-entraîneur de l’AS Aïn Mlila, le ministre Sid Ali Lebib, responsable de la jeunesse et des sports, le wali Djiar, devenu ministre de la Jeunesse et des Sports et tant d’autres. Bordj-Ménaiel n’offre plus en effet cette image de coquette ville car elle sombre actuellement dans une clochardisation totale et une dégradation programmée. Il ne se passe pas un jour sans que des bagarres éclatent, que des vols soient commis au vu et au su de tout le monde, ou que des agressions ne soient enrégistrées. Aussi, l’informel sous toutes ses formes s’est installé avec ses charrettes de fruits et légumes, ses effets vestimentaires, ses ustensiles, ses camelots agressent quotidiennement les conducteurs de véhicules qui tentent de trouver un endroit où stationner, sans parler des trottoirs qui sont squattés par des diverses marchandises obligeant les pietons à emprunter la chaussée. Preuve s’il en est du laisser-aller qui caractérise la gestion des différents marchés et artères de la ville où les pouvoirs publics ont démontré leur incapacité à réorganiser et à restructurer ces espaces en matière de sécurité et d’hygiène alimentaire. Certains commerçants posent des barricades devant leurs magasins pour empêcher les véhicules de stationner. Une véritable anarchie qui se pratique quotidiennement, la politique du tague à la mène tague. Aussi, la commune de Bordj-Ménaiel est sujette à la prolifération des constructions illicites, notamment en cette période d’abandon des autorités locales, les gens en profitent pour construire des villas dans des terrains domaniaux appartenant à l’Etat à cause de l’absence de l’APC, prise par les élections locales. Que font les services des domaines, du cadastre ? Ne sont-ils pas responsables de cette situation d’abandon. Le wali Madani Fouatih Abderahmane devrait constater de visu la prolifération des constructions illicites et illégales et mettre fin à cette politique d’incivisme de la part des citoyens qui n’ont peur de personne et profite de l’absence de l’Etat pour squatter des terrains qui ne leur appartiennent pas. C’est un constat amer étant donné que les responsables n’ont jamais effectué des sorties sur le terrain pour s’assurer de l’état des lieux. La ville de Bordj-Ménaiel est une localité qui est pris en otage par des énergumènes sans foi, ni loi qui accaparent des terrains au vu et au su des autorités locales.

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