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Quotidien d'information indépendant - n° 5860 - Samedi 27 Mai 2017

Fleurs du Tassili à la galerie El-Yasmine

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kDepuis le 10 février 2017, Abderahmane Aïdoud a posé les viatiques de son inspiration sur les cimaises mordorées de la belle El-Yasmine.

Comme à l’accoutumée, un aréopage d’artistes, de profanes, et d’amateurs d’art, de toutes obédiences ont animé ce lieu si particulier. L’objet de la rencontre s’est focalisé sur une monstration éloquente, colorée, prolixe en signes et en symboles. Abderahmane Aïdoud, graveur, à la tête d’une famille bercée dans les arts, nourrie aux aplats, et aux couleurs de la vie, nous revient avec une exposition construite sur un travail fourni qui explose sur quelques 75 tableaux de formats différents. L’artiste nous a habitués à un effacement dû à la discrétion et à la modestie, peu enclin à la parole gratuite, il pose ses aphorismes sur des phrasés fait de bonhomie et de bon sens même si l’humour jaillis souvent dans les rets de cette barbe immense qui dissimule mal une ressemblance avec Momo, le fils naturel de la vieille Bahdja. Il faut dire que pour cette fois nous avons affaire à un plasticien flamboyant, libéré de ses démons intérieurs qui a su grâce à un talent indéniable nous livrer un ensemble d’œuvres farouchement authentiques, modernes, lumineuses qui trouvent leurs aspirations artistiques dans des formats divers, techniques mixtes avec eaux-fortes et pointes sèches hallucinantes nous montrer aussi que la gravure et les arts de l’estampes ont leur place de cette exposition toute en pérégrinations féconde en nouvelles images. Du départ initial placé dans les indices d’une abstraction lyrique touffue, saturée de couches, de couleurs et d’empâtements, l’artiste arrive avec ces «Errances» à une sorte de posture stable, une étape toute en sérénité qui nous propose des petits formats composés sur un seul sujet, de la matière posée sur des formes construites par la couleur elle-même, on sent la caractère brute, écru usant de chemins empiriques autant que d’élaborations intellectualisées. Abderahamane Aïdoud, dans cet élan novateur, laisse aussi la place belle à de nombreuses incursions dans le monde de l’abstraction pure. Sur nombre de ses travaux, l’acrylique perd sa technologie pour se mettre au service de notes «tassiliennes» correspondant ainsi par les étranges compositions à d’insolites «scènes» abstractives, ou seul trône un croissant probablement lunaire, une ébauche d’étoile, une croix volée aux ancêtres, le tout inscrit dans de grandes plages colorées, loin d’être irisées, juste posée en empâtement, donnant de la matière au tout. Sereines, vastes évocations de plaines infinies. Le paradoxe veut que Aïdoud dans cette dernière aventure plastique mette autant d’entrain dans ses œuvres d’estampes qui possèdent ainsi la même richesse symbolique chromatique, même si la suggestion ne résiste pas au monochrome dans le principe. On voit dans ces œuvres un allant dynamique, une volonté de monstration féroce, une force tranquille qui transparaît dans les apparentes plages colorée en ton sur ton qui pourtant dans l’exercice du regard montrent alors une grande charge de peinture pour donner de la matière, de la puissance au sujet. Abderahmane Aïdoud se lance ici à El-Yasmine dans un très bon exercice de style, il essaye depuis la nuit des temps de refaire le chemin pariétal, peut-être vient-il d’une quelconque patrie perdue dans les sables et les pierrailles du Tassili, a-t-il rencontré un jour Tin Hinan !? qui pourrait le démentir ? Il revient ainsi, comme une sorte de chemin de croix inversé, à des origines revendiquées. C’est juste que là où le shaman du pariétal usait de pigments, de souffle vital et d’empreintes de mains, le plasticien d’aujourd’hui, lui, use d’acrylique, de couteaux, de pinceaux, d’eaux fortes et de pointe sèche, entre acides et couleur acrylique, le plasticien part de jardins acidulés, broussailleux dans une «jungle» rebelle, faite de touches et de couleurs impatientes, pour revenir doucement sur un signe et un symbole qui placent l’inspiration au dessus des normes admise par l’abstraction lyrique, le titre aidant à revenir dans la piste et ne point s’éloigner du caractère conceptuel. Maintenant, le lyrisme enjoué et turbulent laisse enfin le sentier emprunter des notes plus souples, le message est domestiqué, le titre est toujours évocateur, il accompagne chaque tableau d’une sorte d’indication, une note manifeste ou le concept reste prégnant, garde sa place maitresse. C’est donc qu’Abderahmane Aïdoud, comme une sorte de peintre philosophe, laisse son art se manifester dans une énergie intéressante, entre empirisme de bon aloi, bercé d’une nature réflexive et d’une pensée, certes, poétique mais non moins aisément conceptuelle pour nous livrer ses états d’âmes, ses blessures narcissiques, émouvantes, tendres, parfois rigides, mais jamais dénuées de sincérité. L’équilibre des choses semble atteint dans cette étape « voyageuse », elle nous a surpris, émus, incités à la réflexion…faut-il demander des choses en plus ? Je ne pense pas, le public en allant rendre visite au «professeur», aura peut-être d’autres réponses… Exposition « Errances » d’Abderahmane Aïdoud, Galerie « El-Yasmine », Dély Brahim, du 10 au 25 février 2017. Cooperative ennadjah villa 107, Dély Brahim, Alger. Entrée libre.

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