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Quotidien d'information indépendant - n° 5779 - Lundi 20 Février 2017

Yennayer, Nouvel an 2966, des rites et des légendes

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Qui, des aînés d’aujourd’hui, ne se rappellent pas de la ferveur de ceux qui n’ont jamais failli à la célébration de Yennayer, même dans le dénouement total, parce qu’il fait partie de notre culture et de notre histoire qui remontent à la nuit des temps.

Ce fut un mois durant lequel on en parlait beaucoup plus, parce que Yennayer était avant tout un mois déterminant pour la vie quotidienne et pour l’agriculture vivrière dont dépendait l’existence des populations sous domination coloniale. A l’époque on avait beaucoup développé le sens des provisions de toutes sortes et des prévisions pour l’avenir, afin que nul ne fût pris au dépourvu.

Quand Yennayer arrivait
Il y avait dans les foyers des signes avant coureurs d’une fête prochaine. A l’époque, on le vivait comme une renaissance à la vie malgré les menaces des intempéries. Ce mois a toujours été réputé pour ses pluies diluviennes, ses neiges répétées et persistantes. Et ces conditions climatiques, avant que n’arrivât l’ère du déséquilibre atmosphérique et écologique, obligeaient chacun à faire des provisions de bois et d’aliments. Comme célébration de bon augure, toutes les familles apportent un coup de nouvelle année en badigeonnant les murs quand les moyens le permettent, et en donnant une autre allure à la cheminée, symbole fort d’espace de rencontre et d’union familiale, à l’occasion d’un événement heureux à riches connotations.
Aussi chacun s’évertue à lui apporter quelques touches de changement indiquant bien qu’il s’agit d’une nouvelle année qui commence la veille au cours de laquelle, on se souhaite une bonne et heureuse année, en faisant part des projets d’avenir. Et depuis les origines, c’est dans cette cheminée qu’est préparé le repas du soir de Yennayer, ceci comme dans les sociétés attachées aux valeurs du passé et qui mettent à profit le nouvel an pour exprimer leurs meilleurs vœux à tous leurs proches : parents, frères, sœurs, cousins, oncles, voisins, amis.

Des îles Canaries à l’Egypte, même s’il y a des différences dans les rites, il y a un fond commun de croyances et de pratiques festives. Chez nous, le vrai Yennayer est marqué par un repas du soir assez copieux pour que chacun en garde les meilleurs souvenirs. C’est un couscous exceptionnellement bon parce qu’il est garni de la viande de coq bien nourri pour permettre à tous les membres de la famille de se régaler. Nous parlons de coq que les familles d’antan engraissaient toute l’année pour l’heureuse circonstance, contrairement aux familles d’aujourd’hui qui, à défaut du coq de ferme, se contentent du poulet industriel.

Rites, légendes et croyances accompagnent Yennayer
Le nouvel an a lieu le 12 janvier, par référence à une date anniversaire d’un personnage ou d’un événement historique. Parmi les rites majeurs, le repas de la veille de Yennayer qui réunit tous les membres de la famille donne à voir toute la symbolique à la fois de ce nouvel an et de l’histoire des Imazighen qui ont perpétué, depuis des millénaires, tous les rites et légendes de Yennayer.
La mémoire collective a immortalisé l’image d’un mois le plus dur de l’année, et si dur qu’on emploie le vocabulaire de la personnification lorsqu’on évoque ses particularités, comme son froid rigoureux, le feu de cheminées, les défis que des téméraires osent lui lancer, à l’exemple de cette légendaire bergère qui au soir de son dernier jour d’une année glaciale s’est adressé à lui à la manière de quelqu’un qui interpelle son pire ennemi : «Pauvre de toi Yennayer, tu est passé sans avoir rien fait». ce à quoi Yennayer réagit violemment et en lui-même il s’est dit « je vais lui apprendre à se moquer de moi». Et dès le lendemain, il alla emprunter un jour à « Fourar», appelé dans d’autres parlers populaires «tchevrar», avec la promesse d’un remboursement l’année suivante.

On peut remarquer qu’en ces temps anciens, on pouvait faire parler les mois de l’année, comme des animaux. Cette légende comme d’autres se transmettaient par voie orale, des vieux aux jeunes, à l’occasion de chaque Yennayer, à la faveur des longues nuits d’hiver. Et parmi les nombreux rites de Yennayer, celui qui revenait souvent et à peu près dans toutes les aires amazighophones, c’était la première coupe de cheveux pour les garçons, nouveaux venus dans les familles ségrégationnistes qui ne l’appliquaient jamais pour les filles. Quant à nous qui célébrons le nouvel an berbère, nous supplions Yennayer de 2966 de nous apporter beaucoup d’eau qui mette fin au spectre de la triste sécheresse éprouvante.

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