Quotidien d’information indépendant - n° 5030 - Lundi 01 Septembre 2014

«L’autoroute Est-Ouest sera opérationnelle fin 2011»

C’est au pas de course et en chevauchant sur quatre wilayas, à savoir Annaba, Guelma, El Tarf et Skikda, que Amar Ghoul, ministre des Travaux publics, a effectué sa visite d’inspection de la section autoroutière de l’Est (53 km) du mégaprojet autoroute Est-Ouest.

Ce qui ne l’a pas empêché d’affirmer dans son intervention faite lors de la cérémonie d’ouverture de la section autoroutière à El Eulma (Annaba) que «avant la fin de l'année en cours, la totalité des 1216 km de l'autoroute Est-Ouest seront ouverts à la circulation automobile». Avec 3118 ouvrages d’art, 2281 autres hydrauliques, 713 ponts, 124 viaducs, 14 tunnels, 76 échangeurs et 128 aires annexes, ce projet est appelé à assurer la liaison entre les frontières algéro-tunisiennes via la wilaya d’El Tarf à l’Est et celles algéro-marocaines via Tlemcen à l’Ouest en traversant 24 wilayas. Selon ces concepteurs, cet axe routier permettra également de relier tous les pôles économiques et de développement situés sur la côte ainsi que les Hauts- Plateaux à travers des pénétrantes et des raccordements. Appelé à être achevé, pour une grande partie, fin 2011, le projet en question a été confronté à une multitude de difficultés dans sa réalisation. De nature géologiques ou environnementales, elles sont à l’origine de l’important retard enregistré. Ainsi aux 868 km réceptionnés et mis en circulation ces derniers mois, sont venus s’ajouter les 26 km réalisés dans la daïra de Aïn Berda (Annaba) inaugurés mercredi dernier par Amar Ghoul. La cérémonie officielle s’est déroulée en présence des walis de Annaba, Guelma, Tarf et Skikda, le directeur général de l’Agence nationale de l’autoroute et son homologue de la société japonaise Cojaal chargée de la réalisation. Dans sa brève intervention, Amar Ghoul a également souligné : «L’autoroute Est-Ouest est à 95% réalisée. Malgré les difficultés rencontrées à différents niveaux pratiques, notre département ainsi que ses différents partenaires engagés dans la réalisation ont fourni des efforts pour être au rendez-vous. Il nous a été fixé à l’effet de faire de ce mégaprojet une réalité qui fera la fierté des Algériens». Le ministre n’a, par contre, rien dit quant aux suites réservées à la demande de paiement déposée au niveau de ses services par le groupe chinois Citic/CRCC. Ce dernier conditionne l’achèvement de tout le projet d’autoroute Es-Ouest, y compris les travaux supplémentaires dont ceux des tunnels de Bouzegza (tronçon autoroutier centre), par le paiement de quelque 2 milliards de dollars. Sur sa lancée, Amar Ghoul a précisé que la réalisation de l’autoroute Est-Ouest reflète l’engagement de l’Etat algérien quant à la réalisation d’un moyen de communication routier à même de relier la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. L’itinéraire nouvellement bitumé des frontières Est et Ouest est déjà accueilli avec soulagement, par non seulement les automobilistes, mais aussi par beaucoup d’autres usagers. Il faut dire qu’il assure les principales relations avec le réseau des routes nationales dans 24 wilayas. Au regard du nombre d’ouvrages, ponts, viaducs, tunnels, échangeurs et aires annexes, il est appelé à supporter un trafic important. L’aménagement retenu par le bureau d’études italien correspond à six voies (3X2). Au niveau acoustique, aucune habitation ne préfigure et celles existantes, légèrement éloignées, ne sont pas soumises à un bruit supérieur à 60 décibels. Dans ce projet, les concepteurs ont prévu la mise en œuvre d’un plan d’aménagement paysager. Il vise à reconstruire la trame paysagère existante et à rompre les quelques effets d’alignement. Cent vingt aires annexes, de repos serait le terme adapté, seront réalisées dans les bandes de terrain résiduelles un peu en retrait. Certaines sont en voie d’achèvement ou en cours de réalisation alors que les autres travaux seront prochainement lancés. Selon Amar Ghoul, cette infrastructure autoroutière sera créatrice de quelque 200 000 postes de travail. Ils sont en amont et en aval de l’autoroute tant dans le secteur de la gestion technique et administrative que dans celui des commodités (stations d’essence, aire de repos-motel…). Comme elle devrait dénouer le nœud gordien que représentent de tout temps les embouteillages et longues files d’automobilistes créés à l’entrée des agglomérations. Particulièrement dans les wilayas du Centre, très sollicitées de par leur proximité avec la capitale où ces embouteillages et files, pris en horreur par les automobilistes, ne devraient plus être qu’un mauvais souvenir. Les 894 km (868 + les 26 d’Annaba) déjà opérationnels ont déjà réduit le temps de route habituellement mis pour atteindre l’une ou l’autre des régions du pays qui y sont reliées. De même qu’ils réduiront d’une manière très sensible les accidents de la route. Rappelons que les difficultés rencontrées dans la réalisation de tunnels et autres ouvrages d’art et hydrauliques ainsi que passage de route (à l’exemple du parc national de El Kala) sur l’axe routier Constantine- Annaba-Tarf ont été levées. Ces difficultés étaient pour beaucoup dans de nombreux arrêts de chantiers.

A. Djabali

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